VIDEOS - Les moments décisifs des débats de l’entre-deux-tours

01/05/2012 - 08h23
  • Partager sur :
  • 1
  • Les moments décisifs des débats présidentiels de l’entre-deux-tours

    Le 2 mai 2012, François Hollande et Nicolas Sarkozy se feront face pour le débat de l’entre-deux tours. Si elle a peu d’effet sur le choix des électeurs, cette rencontre réserve généralement des clash durant lesquels l’un des candidats prend clairement l’ascendant sur son adversaire. De Mitterrand vs Giscard à Royal contre Sarkozy, best-of de ces moments restés cultes

     

    L’événement est plus médiatique que politique. Tout le monde attend le débat de mercredi qui augure de belles audiences pour les chaines qui le retransmettent.
    Commentateurs, experts mais aussi téléspectateurs spéculent sur l’attitude qu’adopteront les deux candidats. Nicolas Sarkozy sera-t-il aussi calme que face à Ségolène Royal ou perdra-t-il au contraire son sang froid maintenant qu’il est challenger ? François Hollande fera-t-il preuve de pugnacité ou conservera-t-il la distance sereine du favori ?  Tout le monde est focusé sur les clash éventuel. "Les candidats ne s’adressent pas vraiment l’un à l’autre, ils parlent aux Français à travers le débat il ne s’agit pas réellement d’une confrontation", expliquait dimanche Michel Bettan, consultant en communication de Euro RSCG sur le plateau de Thomas Huguessur France 5.

     

    L’enjeu ne serait donc pas l’affrontement mais la capacité à faire passer une dernière fois ses messages. Ségolène Royal explique ainsi que lors de son débat avec Nicolas Sarkozy ce dernier n’avait jamais pris la peine de la regarder dans les yeux. Le téléspectateur ne voit pas l’adversaire qui fait généralement semblant d’ignorer les propos de celui qui parle car les plans de coupe sont interdits. 
    Reste que chacune des rencontres a été ponctuée par de vifs échange. Si les challengers sont plus volontiers véhéments  ce sont généralement les favoris qui parviennent à clouer le bec de leurs adversaires. Retour sur les moments décisifs de ce débat devenu désormais une institution de la Cinquième République.

  •   1974 : Valery Giscard d’Estaing vs François Mitterrand (1/2)

    Pour la première fois, les deux candidats à l'élection présidentielle acceptent de se retrouver pour un face-à-face de l'entre-deux-tours. Aucun des deux n’est un sortant :  Valéry Giscard d'Estaing est ministre de l'Économie et des Finances et François Mitterrand le chef de l’opposition.

    C’est la seule et unique fois que le débat va faire basculer l’opinion : Les deux hommes sont en effet au coude à coude. Après avoir été devancé au premier tour par son adversaire 32.6% contre 43.25%, Valéry Giscard d'Estaing se doit de réagir. François Mitterrand critique le bilan du gouvernement mais Giscard est plus mordant et n’hésite pas à qualifier son adversaire d’ « homme du passé » en référence à son premier poste de ministre obtenu 27 ans plus tôt.
    Au moment où Mitterrand l’accuse de ne privilégier que les plus aisées du pays et d’être sans cœur, Valery Giscard d’Estaing rétorque, sue le ton de l’homme blessé et outré :   "Vous n'avez pas le monopole du coeur."

    Difficile de dire si l’une ou l’autre de ces remarques a fait la différence. Toujours est-il que VGE gagne finalement l'élection avec 50.81% des voix et un peu plus de 400 000 voix d'avance.

  •  1981 : Valery Giscard d’Estaing vs François Mitterrand (2/2)

    Cette fois le candidat socialiste se retrouve derrière le président sortant au premier tour avec 25.85% des voix contre 28.32. En référence à "l'homme du passé", utilisé contre lui 7 ans plus tôt, François Mitterrand a préparé la riposte : " Vous avez tendance à reprendre le refrain d'il y a sept ans : l'homme du passé. C'est quand même ennuyeux que, dans l'intervalle, vous soyez devenu, vous, l'homme du passif."
    Le débat ne renverse pourtant pas totalement la situation. François Mitterrand parvient certes à se faire élire le 10 mai 1981 avec 51.76% des voix ; mais ce sont surtout les révélations concernant le passé sous le régime de Vichy de Maurice Papon, Ministre de Budget du Président sortant et le refus de Jacques Chirac, candidat du RPR à appeler ses partisans à voter pour lui, qui auront coûté l'élection à Valéry Giscard d'Estaing.

  •   1988 : François Mitterrand vs Jacques Chirac

    François Mitterrand candidat à sa réélection doit faire face à Jacques Chirac, son actuel Premier Ministre au deuxième tour de l'élection présidentielle. Le Président sortant termine en tête du premier tour avec 34.11% des voix contre 19.96% pour Jacques Chirac. En tête dans les sondages, François Mitterrand gardera le cap lors du débat de l'entre-deux-tours.

    La tension entre les deux hommes est palpable mais François Mitterrand reste serein et humilie son concurrent lorsque celui-ci lui affirme : "Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre, et vous n'êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité. Vous me permettrez donc de vous appeler monsieur Mitterrand." Le Président réplique alors : "Mais vous avez tout à fait raison, monsieur le Premier ministre."
    Détail amusant : Mitterrand a exigé que la table du débat soit de la même taille que celle du conseil des ministres, histoire de bien rappeler sa position à son adversaire.
    François Mitterrand sera finalement élu avec 54.02% des votes.

  •  1995 : Jacques Chirac vs Lionel Jospin

    Jacques Chirac est opposé à Lionel Jospin au deuxième tour de l'élection présidentielle. Les deux hommes se retrouvent pour débattre le 2 mai 1995.  Contrairement aux précédents rendez-vous de l'entre-deux-tours, ce débat reste très courtois : si Jospin est arrivé en tête du premier tour (23.30% ) c’est essentiellement à cause de la division de la droite entre balladuriens et chiraquiens (20.84%). Désormais unie, elle laisse peu de chance au socialiste qui le sait pertinemment. Il lance tout de même à propos du quinquennat qu'il souhaite instaurer : "Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Jacques Chirac. Ce serait bien long."

    Le débat ne change pas le cours de l'élection. Jaques Chirac est élu avec 52.64% des voix.

  •  2007 : Nicolas Sarkozy face à Ségolène Royal

    Sorti vainqueur du premier tour avec 31.18% des votes contre 25.87% des voix pour Ségolène Royal, le candidat de l'UMP est le grand favori depuis des semaines et survole le débat. Royal est nettement plus agressive. Elle pique une colère  sur la question du handicap accusant son adversaire « d’immoralité » (à la 7ème minute de la vidéo ndlr)

    Nicolas Sarkozy l’appelle à la sérénité et  lui assène alors : " Pour être président de la République, il faut être calme ."  Le ton monte : « Il y a des colères qui sont parfaitement saines » lui rétorque Royal.
    Sarkozy lui reproche de perdre ses nerfs, de « sortir facilement de ses gonds » et de faire preuve de mépris : « je ne pense pas que vous éleviez la dignité du débat politique en m’accusant d’être menteur »

    A ceux qui n’auraient pas reconnu l’argument giscardien de l’indignation maitrisée, Sarkozy adresse un clin d’œil inconscient en réfutant à Royal le droit de s’arroger « le monopole » de la question du handicap.
    D'après les sondages réalisés juste après ce rendez-vous, Nicolas Sarkozy remporte avec succès ce débat. Il est finalement élu le 6 mai 2007 avec 53.06% des votes.

Le 2 mai 2012, François Hollande et Nicolas Sarkozy se feront face pour le débat de l’entre-deux tours. Si elle a peu d’effet sur le choix des électeurs, cette rencontre réserve généralement des clash durant lesquels l’un des candidats prend clairement l’ascendant sur son adversaire. De Mitterrand vs Giscard à Royal contre Sarkozy, best-of de ces moments restés cultes

L’événement est plus médiatique que politique. Tout le monde attend le débat de mercredi qui augure de belles audiences pour les chaines qui le retransmettent.
Commentateurs, experts mais aussi téléspectateurs spéculent sur l’attitude qu’adopteront les deux candidats. Nicolas Sarkozy sera-t-il aussi calme que face à Ségolène Royal ou perdra-t-il au contraire son sang froid maintenant qu’il est challenger ? François Hollande fera-t-il preuve de pugnacité ou conservera-t-il la distance sereine du favori ?  Tout le monde est focusé sur les clash éventuel. "Les candidats ne s’adressent pas vraiment l’un à l’autre, ils parlent aux Français à travers le débat il ne s’agit pas réellement d’une confrontation", expliquait dimanche Michel Bettan, consultant en communication de Euro RSCG sur le plateau de Thomas Huguessur France 5.

L’enjeu ne serait donc pas l’affrontement mais la capacité à faire passer une dernière fois ses messages. Ségolène Royal explique ainsi que lors de son débat avec Nicolas Sarkozy ce dernier n’avait jamais pris la peine de la regarder dans les yeux. Le téléspectateur ne voit pas l’adversaire qui fait généralement semblant d’ignorer les propos de celui qui parle car les plans de coupe sont interdits. 
Reste que chacune des rencontres a été ponctuée par de vifs échange. Si les challengers sont plus volontiers véhéments  ce sont généralement les favoris qui parviennent à clouer le bec de leurs adversaires. Retour sur les moments décisifs de ce débat devenu désormais une institution de la Cinquième République.

COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
ce soir Flamby ne pourra plus se défiler et j'espère qu'il va se faire tailler en copeaux par Sarko
  • 0
  • 5
Anonyme | le 02/05/2012 à 13h17 | Signaler un abus
Votre réponse...
Ils ont aimé
Programme TV
  • 20h55 La grande vadrouille
  • 20h45 Madagascar 3 : bons baisers d'Europe
  • 20h45 Entre vents et marées
  • 21h00 Bordeaux / Lyon
  • 20h38 Les routes de l'impossible
  • 20h50 Capital
    > Tout le programme TV
    Audiences TV
    Audience télé du 20/12 (source : Médiamétrie)
    • 20.3% Johnny la soirée événement 4 202 000 téléspectateurs
    • 14.5% Roberto Alagna, le grand show 3 223 000 téléspectateurs
    • 14.4% Entre vents et marées 3 429 000 téléspectateurs
    > Toutes les audiences TV