Les Victoires de la musique : 10 conseils pour améliorer la cérémonie
Rien n'y fait, année après année, les audiences des Victoires de la musique baissent. Il faut bien avouer que la cérémonie n'était pas des plus passionnantes à suivre. Mais pourquoi les cérémonies du même genre en Angleterre ou aux Etats-Unis sont-elles toujours mieux?
France 2 nous promettait un lifting de fond en comble de la cérémonie des Victoires de la musique. L'idée saugrenue de la diviser en deux soirées devaient y participer. Un nouveau duo féminin à la présentation et des "scénographies" travaillées... Résultat : une perte de plus de 500 000 téléspectateurs par rapport à l'an passé...
Les cérémonies qui récompensent la musique aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne sont généralement toujours plaisantes à suivre. On assiste à un véritable show fait pour la télé ! La faute n'est pas à imputer aux artistes. Les chanteurs qui nous ont épargné le play back, étaient talentueux, et ont pour l'habitude d'enflammer des salles de concert. Il y eut même de beaux moments comme la prestation de M qui a tenu à rendre hommage à sa grand mère, les hommages façon Enfoirés à Ferrat et Gainsbourg (on reconnaît la patte Anne Marcassus) ou encore les shows de Christophe Maé et Ben l'Oncle Soul qui bougeaient un peu.
Mais voilà, jusqu'à 23h15, on a assisté, impuissant, à une mayonnaise qui en prenait pas. Fort de ce qu'on peut voir ailleurs, nous avons décidé de jouer les donneurs de conseils, les médecins d'une cérémonie qui doit changer pour éviter le pire. Voici nos préconisations pour Les Victoires de la musique 2012 :
1. "Il faut piquer la musique du générique madame..."
Et oui ! Commencer une cérémonie qui célèbre le meilleur de la musique d'une année écoulée en nous gratifiant d'une musique de générique surannée, toujours la même, sans relief et très datée... C'est vraiment du gâchis car graphiquement, le générique en lui-même était plutôt réussi, mais en total décalage avec le son...
2. Levez-vous tous !
Le choix de la salle n'a pas facilité les choses, il est vrai. Les fauteuils moelleux et cosy du Palais des Congrès n'incitent pas à se lever pour se déhancher sur des rythmes endiablés ! Christophe Maé a bien réussi l'espace de quelques secondes, et au prix d'efforts insensés à se faire lever le public, mais c'est tout... Pour l'année prochaine, il va falloir changer de salle !
3. Mais dans quelle galère s'étaient-elles embarquées ?
Pour remettre du punch à cette cérémonie, la production a choisi un duo féminin : Marie Drucker et Aline Afanoukoé. Mais voilà, le duo souffre de la comparaison de la première cérémonie. En effet, à Lille, Stéphanie Renouvin et Cyril Hanouna avaient proposé du spectacle et de l'humour à la présentation ! Là, la pauvre Marie -dont la rédaction de Premiere.fr est fan-, perchée sur ses hauts talons semblait perdue et en total décalage par rapport à ce qui se passait autour d'elle. Un côté "première de la classe" qui n'a pas facilité une présentation rock'n roll. On peut se réjouir par contre que ni l'une, ni l'autre n'ont essayé d'être drôles (ou alors on a loupé des trucs?), si bien qu'on doit bien avouer que la grande faiblesse de ces Victoires se trouvait du côté de l'animation...
4. "Des scénographies magnifiques" qu'ils disaient !
Quelle tristesse de voir des chanteurs devant leur micro sans autre forme de spectacle... Bien trop souvent aucun danseur dans les parages ! Par pitié, pensez à ceux qui n'aiment pas la musique de l'artiste sur scène et proposez-lui du spectacle ! Christophe Maé est un bon exemple, il a fait le show. Mais voir Bernard Lavilliers chanter sur des rythmes tropicaux sans danseurs, quelle tristesse ! Il faut dire que la cérémonie est très mal partie avec la chorégraphie proposée pour accompagnée Zaz. Durant les 3/4 de la chanson (voire plus), les danseurs habillés en costume et tailleur étaient immobiles, en rang d'oignon. Ils n'ont daigné bougé que sur les 20 dernières secondes de la prestation de la chanteuse... Du gâchis on vous dit !
5. Des longueurs... longues
Pour ces Victoires de la musique, l'accent a été mis sur les prestations en direct des artistes, une riche idée ! En plus pour avoir une grande fluidité dans le déroulement de la cérémonie, la production a eu la non-moins excellente initiative de mettre en place 2 scènes. Mais voilà ça n'a pas suffi. Et aux deux animatrices de ramer et ramer pour combler avec du vent ces temps d'attente. En ça nos amis Américains ont la chance d'avoir de longues coupures pubs. Mais ici on aurait pu prévoir du comblage de qualité avec des petits sujets, des best of des années précédentes.... Il suffit d'expliquer aussi aux téléspectateurs que l'on a besoin de temps pour mettre en place la scène suivante.
6. Un peu plus près des étoiles
La réalisation même des Victoires de la musique a péché. En effet, les caméras étaient loin des artistes. On a eu le droit qu'à très peu de plans en "steadicam", ces caméras sur bras articulé qui donne une impression de fluidité. Si bien qu'à aucun moment les chanteurs ont joué avec les caméras et donc les téléspectateurs. Quand Yael Naïm est accompagnée par une troupe de Gospel, on a le droit qu'à des plans d'ensemble, toujours lointains... Peut-être faute à cette scène en hauteur ?
7. Eviter les plans "tue-l'amour"
Comment bien montrer que la salle est amorphe : avec de beaux plans larges où l'on peut voir de nombreux sièges vides, pas mal de gens qui ont les bras croisés, et seulement 3 ou 4 qui battent le rythme avec leur main... Il aurait mieux fallu faire des plans de coupe sur les pauvres spectateurs coincés devant la scène façon Star academy, ou encore faire des plans serrés sur des Beautifull people qui sourient ou dansent... Mais le réalisateur n'a pas voulu mentir visiblement, et montrer la sinistre vérité.
8. Ils ont coincé la bulle
Force est de constater que le buffet et le champagne étaient bons... De l'aveu de nos envoyés spéciaux (Alexandra et Cyril) qui se sont copieusement gavés, il y avait une bonne ambiance en coulisses ! Mais voilà, pas de caméra pour nous faire vivre ça ! Pis, le public VIP a déserté la salle pour se goberger en backstage, d'où une partie des sièges vides. Même Frédéric Mitterrand a cédé aux sirènes du traiteur en s'absentant au moment où Marie Drucker lui rendait hommage !
9. Des sujets de présentation un peu originaux SVP
Pour gagner du temps, de petits sujets de présentation avaient été préparés. Mais voilà, on y entendait seulement Aline répéter ce que venait de dire Marie dans son lancement... De plus, on a pu remarquer dans la mise en forme, "l'emprunt" ou "l'hommage" à l'habillage de Direct 8, avec ses écrans virtuels ouverts et fermés.
10. Deux services sont-ils vraiment nécessaires ?
Etait-ce une fausse bonne idée que de diviser la cérémonie en 2 parties éloignées ? Sans doute, le public n'a pas bien compris le système. de plus, on relègue les révélations dans une sous-soirée (qui était pourtant un peu plus réussie!) alors que les prix prestigieux demeurent sur France 2...
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