Nos Jours heureux : Eric Toledano : "À la sortie du film, nous avons reçu environ cinq mille mails !"
La drôle de colonie de vacances filmée par Olivier Nakache et Eric Toledano a rassemblé prés d’un million et demi de spectateurs en 2006. A l'occasion de la diffusion du film sur M6 ce soir, Eric Toledano se souvient de ce tournage potache au milieu d’enfants…
Avec Olivier Nakache, vous étiez moniteurs de colonies avant d’être réalisateurs. Le film s’inspire-t-il de votre vécu ?
Nous avons été colons, moniteurs puis directeurs de colos, de 8 à 25 ans. Nous sommes tous les deux des purs produits de cet univers, où nous nous sommes d’ailleurs rencontrés. C’est pourquoi nous avons repris une foule d’anecdotes de cette période, en forçant le trait…
Le tournage s’est déroulé au château de Marton, près d’Angoulême, où vous étiez jadis animateurs…
Oui. Nous vivions avec une telle nostalgie de ce lieu que notre scénario en restituait le réfectoire, les dortoirs, les cuisines… Notre producteur, Nicolas Duval, a donc décidé d’y tourner le film, en le louant deux mois, juillet et août, à des Anglais qui l’aménageaient en chambres d’hôtes. Ils ont interrompu les travaux le temps du tournage.
Est-il vrai que l’ambiance était proche de celle d’une authentique colo ?
Et comment ! Les quatre-vingts jeunes ados présents sur le plateau étaient logés dans des gîtes et encadrés par des animateurs. Le soir, après les longues prises, ils se lâchaient pour décompresser, en chahutant, en organisant des batailles de polochons, des matchs de foot, comme dans une vraie colonie.
Ce n’était pas trop compliqué de tourner avec des groupes d’enfants ?
Ce fut très difficile ! À 12-13 ans, les ados n’ont pas la discipline des acteurs professionnels. Aussi, quand il fallait tourner des scènes de seize heures, entassés dans un réfectoire surchauffé par 35 °C, ils n’en pouvaient plus… Autre galère : toutes les séquences de nuit ont été reconstituées avec un éclairage factice, car la législation interdit de faire travailler des enfants après 22 heures.
Vous auriez délibérément situé votre histoire dans les années 90…
Oui. Nous tenions à restituer l’univers des colonies de notre enfance, où nous coupions le cordon avec nos parents, sans téléphone portable ni Internet.
Avez-vous reçu des témoignages d’affection de moniteurs ou de parents ?
À la sortie du film, nous avons reçu environ cinq mille mails ! Ces milliers de témoignages, très touchants, provenaient principalement de spectateurs nostalgiques de leurs années colo. Ils nous écrivaient : "Bravo de m’avoir fait revivre cette période magique." Des parents nous remerciaient. Après avoir vu le film, leurs enfants acceptaient enfin de partir en collectivité. Mieux, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Jean-François Lamour, nous a décerné une médaille pour "avoir redonné aux jeunes le goût de la vie en colonie" !
La colo n’est-elle pas une formidable école de la vie ?
On y apprend à partager et à se tolérer dans la mixité. On découvre des choses sur soi, en se construisant avec et non aux dépens des autres. La colo est une belle expérience de socialisation pour mieux s’intégrer dans notre société.
Interview Jean-Baptiste Drouet du magazine Télé 7 Jours
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