Netflix reporte Blonde, le biopic de Marilyn Monroe avec Ana de Armas, en 2022
Abaca

Visant désormais une première mondiale à la Mostra de Venise, le réalisateur tease son biopic de Marilyn Monroe avec Ana de Armas.

Andrew Dominik sait trouver les mots pour faire monter le désir autour de Blonde, son adaptation du livre de Joyce Carol Oates sur Marilyn Monroe. En février dernier, dans les colonnes de Screen International, il n’y allait pas par quatre chemins : "Blonde est le meilleur film du monde en ce moment, assurait-il. C’est sensationnel. Un chef-d’œuvre."

Aujourd’hui, auprès de nos confrères de Collider, le réalisateur compare carrément son biopic à deux chefs-d’œuvre du genre : Citizen Kane et Raging Bull. Mais pas tant pour se mesurer à leurs auteurs Orson Welles et Martin Scorsese que pour donner une indication sur le ton et les thématiques du film : "Blonde est un film pour tous les enfants mal-aimés du monde. C’est comme si Citizen Kane et Raging Bull avaient eu une petite fille ensemble."

Il développe : "L’idée de Blonde est de raconter un drame de l’enfance et d’ensuite montrer de quelle façon ce drame scinde l’intéressée en une personne publique et une personne privée. Et comment l’adulte qu’elle est devenue voit le monde à travers ce drame d’enfance. (...) Le film utilise toute l’iconographie et l’imagerie que vous connaissez de Marilyn Monroe, les films, les photos de sa vie… Mais il en modifie le sens en les raccordant à son drame personnel. C’est un film sur l’inconscient, d’une certaine façon. Et c’est une tragédie. Une enfant qui n’était pas désirée devient la femme la plus désirée de la planète et doit affronter tout ce désir qui se porte sur elle, et la confusion que cela engendre. C’est une sorte de cauchemar. Comme être dans une voiture sans frein. Qui accélère et accélère et accélère encore."

Ana de Armas : "Une Cubaine qui joue Marilyn. Je voulais tellement le faire."

Blonde, sur lequel Andrew Dominik travaille depuis près de quinze ans (il en a écrit le script en 2008), est censé sortir d’ici la fin de l’année sur Netflix. Recalé du Festival de Cannes, qui n’accepte toujours pas les films du streamer en compétition, il devrait, toujours selon Dominik, être dévoilé fin août, début septembre, lors de la prochaine Mostra de Venise : "Il aurait déjà pu aller à Venise l’année dernière et sortir à l’automne, mais le montage a pris du temps. Tous mes films sont longs à monter." En particulier le génial L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (2007), qui avait été l’objet d’un bras de fer entre le cinéaste et la Warner. Mais cette fois-ci, contrairement à ce qui s’était passé pour Jesse James (dont le fan-club a longtemps fantasmé un director’s cut de quatre heures), la version que l’on verra sera bien conforme aux souhaits du cinéaste : "Netflix me laisse sortir le film que je voulais faire."

Si on sait déjà que Blonde sera le premier film Netflix à être interdit aux moins de 17 ans aux Etats-Unis, on ignore encore sa durée. Et cette info, Andrew Dominik préfère la garder pour lui : "C’est comme demander son âge à une femme !"