Affiches Films à l'affiche mercredi 18 octobre 2023
Paramount Pictures France/ Gebeka Films/ Gaumont

Ce qu’il faut voir en salles.

L’ÉVÉNEMENT
KILLERS OF THE FLOWER MOON ★★★★★

De Martin Scorsese

L’essentiel

Martin Scorsese réunit Robert De Niro et Leonardo DiCaprio dans une passionnante fresque criminelle aux accents de marche funèbre. 

Découvert hors compétition au festival de Cannes, le nouveau Martin Scorsese, adapté de La Note américaine de David Grann,  est une impressionnant chant funèbre, un film crépusculaire et majestueux revenant sur une vague de meurtres commis contre des Indiens Osage dans l'Oklahoma des années 1920. Sur un fond de folk et de blues hypnotique, Scorsese filme le post-scriptum sanglant et sordide des guerres indiennes, porté par le duo De Niro-DiCaprio, dans un réjouissant numéro de crapules pathétiques, et la géniale Lily Gladstone, qui interprète ce qui pourrait bien être le plus beau personnage féminin du cinéaste depuis la Sharon Stone de Casino.

Frédéric Foubert

Lire la critique en intégralité

PREMIÈRE A BEAUCOUP AIME

LINDA VEUT DU POULET ! ★★★★☆

De Chiara Malta et Sébastien Laudenbach

Paulette a injustement puni sa fille Linda, et pour accepter les excuses de sa mère, la gamine lui intime de cuisiner la recette de poulet aux poivrons de son défunt père. Mais à cause d’une grève nationale, les magasins sont désespérément fermés. La promesse de Paulette s'annonce donc plus compliquée que prévu à tenir… Bien loin de l’univers de son impressionnant conte La Jeune Fille sans mains, Sébastien Laudenbach signe avec Chiara Malta une histoire de deuil maquillée en comédie rocambolesque, où chaque personnage est caractérisé par des traits noirs épais et une couleur bien spécifique. Bourrée de gags et d’exploits narratifs, une forme de résistance euphorique et contagieuse contre la fatalité et l’ordre établi.

François Léger

Lire la critique en intégralité

UN PRINCE ★★★★☆

De Pierre Creton

C’est avec beaucoup de culot, quelques plans fixes et les voix off de Matthieu Amalric, Françoise Lebrun ou encore Grégory Gadebois, que Pierre Creton raconte la vie sexuelle et professionnelle de Pierre-Joseph, depuis ses 16 ans où en intégrant un centre de formation pour devenir jardinier, il a fait la rencontre de Françoise, Alberto et Adrien, qui chacun à leur manière, laisseront une trace chez lui, en lui. Un Prince est une œuvre rare qui s’aventure dans le grand érotisme, aux antipodes de la pornographie. Il n’y a plus besoin de montrer pour séduire, il suffit de se laisser envoûter par ce qu’on nous laisse voir de ces corps d’hommes (et imaginer à partir de ces visions délirantes. Plus qu’une fiction, un herbier libidinal à ciel ouvert !

Nicolas Moreno

 

PREMIÈRE A AIME

UNE ANNEE DIFFICILE ★★★☆☆

De Eric Toledano et Olivier Nakache

En revenant au cinéma après En thérapie, le duo Nakache- Toledano prolonge son portrait du monde de l’après-confinement en assumant un ton de satire sociale. Soit l’histoire de deux hommes surendettés qui croisent la route de militants écologistes luttant contre la crise climatique. Pour illustrer la rencontre entre des idéologies contradictoires, comme dans les grandes comédies italiennes, leurs personnages émeuvent par leurs failles : en père brisé par le chagrin, Jonathan Cohen est épatant ; Pio Marmaï impressionne quant à lui par son mélange de dynamisme et de fragilité ; et Noémie Merlant, en militante qui s’est coupée de ses désirs, se révèle très touchante. Bien que le film pâtisse ici et là de quelques défauts dans sa peinture politique comme dans son intrigue sentimentale, Nakache et Toledano assurent l’essentiel : faire de la comédie un stimulant poste d’observation contemporain qui appelle à la prise de conscience.

Damien Leblanc

Lire la critique en intégralité

LA COMEDIE HUMAINE ★★★☆☆

De Kôji Fukada

Avec cette Comédie humaine, datant de 2008 mais inédit en France, le japonais Kôji Fukada adapte Balzac et met donc en scène la condition humaine, ses tergiversations universelles qui rongent les protagonistes dans un triptyque social dont la forme fait écho à Contes du Hasard et Autres Fantaisies d’ Hamaguchi où plusieurs actes sont dédiés à des destins disparates qui s’entremêlent subtilement. Et des trois volets, le dernier, abordant la récente amputation du bras droit d’un homme et la place que le malheureux souhaite accorder au membre mutilé (faut-il l’inhumer ? Le maintenir en vie par le syndrome du membre fantôme ?) est le plus réussi. Une vie ordinaire au destin extraordinairement perturbé où, brutalement privé de son bras droit, un jeune marié doit aussi composer avec l’heureux évènement à venir dans son couple alors que son infertilité a été prouvée. Fukada y esquisse parfaitement cette profonde solitude qu’on peut ressentir face à des situations improbables d’embarras qui n’octroie aucune échappatoire.

Manon Bellahcene

Lire la critique en intégralité

ANSELM- LE BRUIT DU TEMPS ★★★☆☆

De Wim Wenders

Nicholas Ray, Pina Bausch, Yohji Yamamoto, Sebastiao Salgado… Les portraits d'artistes sont l'un des fils rouges de la filmographie de Wim Wenders. Quelques semaines avant la sortie de sa prochaine fiction, Perfect Days, il livre ce documentaire consacré à son compatriote Anselm Kiefer. Le plasticien est filmé dans ses vastes ateliers, travaillant à ses œuvres monumentales, qui interrogent les ruines, le néant et la mauvaise conscience allemande. Ses outils ? Des lance-flammes, du métal en fusion… Wenders, lui, utilise la 3D (dont il est l'un des grands chantres) pour nous faire accéder à la profondeur historique et philosophique de l'œuvre de Kiefer, de façon sensorielle autant qu'intellectuelle. Le film finit par remonter jusqu'à l'enfance de l'artiste, né comme Wenders en 1945, dans un pays dévasté – une origine qu'il aura passé sa vie à questionner.

Frédéric Foubert

Retrouvez ces films près de chez vous grâce à Première Go

PREMIERE A MOYENNEMENT AIME

LES TROLLS 3 ★★☆☆☆

De Walt Dohrn et Tim Heitz

Pour ce troisième volet, la franchise place le passé de Justin Timberlake au centre d’une intrigue meta liée à sa propre vie : son personnage aux cheveux ébouriffés recrée le boysband qu’il formait vingt ans plus tôt avec ses frères. Tiens, ça tombe bien, les N'SYNC font aussi leur retour spécialement pour l’occasion. Très bon coup de com, certes, mais qui ne rattrapera pas une narration à base de rancœurs familiales qui ne tient pas sur la longueur. D’autres personnages sortiront également de nulle part pour s’unir contre les alter ego de Sharpay et Ryan Evans dans High School Musical. Mais bien qu’on ne tienne pas là une pépite d’animation, les plus jeunes pourront néanmoins être emballés par le rythme effréné, les chansons pop et les explosions de couleurs qui ont fait le succès de la saga.

Sarah Deslandes

EN BONNE COMPAGNIE ★★☆☆☆

De Silvia Munt

En bonne compagnie raconte l’été 1977 d’une ado qui se bat pour le droit à l’avortement et les femmes dans le Pays basque espagnol. Silvia Munt (Afectados (rester debout)) y met en scène des injustices, des élans sororaux, répète la nécessité de la lutte. Mais hélas son film raconte plus qu’il n’interroge et peine à faire naître une réelle originalité. Proche du récent Annie Colère avec Laure Calamy mais sans l’intensité.

Estelle Aubin

 

PREMIERE N’A PAS AIME

UNE FEMME SUR LE TOIT ★☆☆☆☆

De Anna Jadowska

Mirka est une femme sans histoire. Un matin, la sexagénaire décide de braquer une banque avec un opinel en s’excusant presque. L'opération capote. Elle est vite rattrapée par les policiers. La crise existentielle de cette vieille femme, filmée à grands coups de plans poussifs et surexposés, n’aura jamais vraiment d’explication. C’était pourtant le sujet du film. Anna Jadowska semble être passée à côté.

Emma Poesy

 

Et aussi

Sacerdoce, de Damien Boyer

Les Tourouges et les Toubleus, programme de courts métrages

 

Les reprises

Le Magnifique, de Philippe De Broca