Loki Marvel
Marvel

La nouvelle fantaisie dérivée du MCU brille grâce à l'entrée en scène spectaculaire d'Owen Wilson, partenaire idéal du flegmatique Tom Hiddleston.

Marvel passe en mode Terry Gilliam ! Pas la peine de commencer à agiter les bras. Il est entendu que Loki - qui débute ce mercredi sur Disney Plus - n'a pas la même ambition subversive, mais il y a clairement quelque chose de Brazil et de Time Bandits dans cette troisième série dérivée du Marvel Universe pour la plateforme Disney Plus.

Un délire de science fiction au beau milieu de la saga fantastique, qui s'imbrique d'une drôle de manière au milieu des films de la franchise. À la fois complètement improbable, et tellement délectable. On retrouve ainsi le frère de Thor, dans la foulée d'Avengers: Endgame. Juste après que la team du futur a remonté le temps pour se glisser dans la bataille de New York. Profitant du chaos général, Loki s'est échappé grâce au Tesseract, et a modifié, du coup, le cours de l'Histoire, celui de la « Timeline sacrée », un flux temporel éternel créé par trois mystérieuses créatures divines à l'origine de tout : les Gardiens du Temps... 


Vous avez du mal à suivre ? C'est normal ! Marvel se doutait bien que l'introduction de la TVA allait faire bouillir les méninges des aficionados du MCU. Alors Michael Waldron (un ancien de Rick et Morty) a écrit un premier épisode très didactique, prenant un plaisir communicatif à nous présenter cette branche « mindfuck » du Marvel Universe qui pousse subitement.

Avec son ton loufoque assumé, Loki chamboule la saga des Avengers à un niveau cellulaire. La série ose. Et de manière spectaculaire. En ce sens, elle est nettement plus proche du grain de folie de WandaVision que du tout-action de Falcon et le Soldat de l'Hiver. Mais surtout, Loki met les pieds dans le plat de la SF avec une jubilation qui frôle l'hystérie. La Time Variance Autority remet tout en cause, et elle le fait avec une désinvolture insolente, fascinante. Bien aidée par son atout majeur : le duo Tom Hiddleston / Owen Wilson. L'acteur fétiche de Wes Anderson crève l'écran dès son entrée en scène. Dès les premières minutes de Loki, il vole la vedette au héros titre, et il fallait au moins son sens de la tchatche pour créer une telle alchimie avec le Dieu de la Malice. Car Tom Hiddleston n'a rien perdu de son flegme britannique, de son sens persifleur de la répartie, bref, de son espièglerie. Au fil d'une multitude d'échanges épiques, à la croisée de la philosophie et de la métaphysique, cette bromance porte Marvel dans une autre dimension.

Loki Owen Wilson
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Mais ils ne se contentent pas de bavasser. Le binôme nous entraîne (on a vu les deux premiers épisodes) dans une traque démente à travers les époques, jouant avec le passé, le présent, le futur, en n'oubliant jamais que ce Loki-là est celui de 2012, alias le vilain du premier Avengers, pas encore rabiboché avec son frangin. Le Loki rédempté est mort dans Infinity War (en 2018). Alors la série joue avec la perfidie du personnage, son approche machiavélique de toute relation. Jamais entièrement digne de confiance, jamais vraiment mauvais dans le fond, ce Loki-là est des plus complexes, sans aucun doute le personnage le plus intéressant de Marvel à l'heure actuelle.

Alors avec tout ça, à force de jongler avec le temps, avec la chronologie, avec les personnages et l'ADN du MCU, on se demande comment la franchise va réussir à retomber sur ses pattes. C'est peut-être pour ça que Michael Waldron est aussi le scénariste du très attendu Doctor Strange 2, qui fera, on l'espère, le pont entre la folie des séries Disney Plus et la saga ciné.