Shrinking
Apple TV+

Une comédie douce-amère charmante, créée par l’équipe de Ted Lasso, à voir sur Apple TV+.

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec les psys ? Ces derniers temps, les séries semblent entretenir un lien quasi obsessionnel avec les professionnels de la thérapie. Métier pratique, ceci dit, qui peut aussi bien servir de base à une comédie noire (The Shrink Next Door, l’année dernière, avec Paul Rudd et Will Ferrell) qu’à un thriller claustrophobe (The Patient, tout récemment sur Disney+). Restait donc un peu de place pour la dramédie, territoire que Shrinking investit avec un certain panache.



Même si le pitch officiel est un peu trop aguicheur pour être honnête : "Jimmy [Jason Segel] est un psy en deuil qui décide de transgresser les règles et de dire ce qu’il pense vraiment à ses patients. En faisant fi de tout ce qu’il a appris et de toute déontologie, il chamboule la vie des gens autour de lui… et la sienne. " Ça , c’est pour le premier épisode. La suite sera en fait la chronique de sa lente reconstruction semée d’embûches : sa relation compliquée avec sa fille (Lukita Maxwell, belle découverte), un patient colérique qu’il doit héberger, sa voisine bien trop curieuse (Christa Miller, dont le potentiel comique ne faiblit pas), son meilleur ami gay qui repousse sans cesse son mariage et son mentor qui le rejette (Harrison Ford, d’abord ostensiblement perdu par le format sériel auquel il n’est pas habitué, mais ultra touchant quand il se laisse enfin porter)…

Shrinking, apple
Apple

Entre deux époques. Près de treize ans après la fin de Scrubs, Bill Lawrence – accompagné à l’écriture par Jason Segel et Brett Goldstein, le Roy Kent de Ted Lasso – revient au genre médical par la porte freudienne. On imagine facilement que le succès surprise de Ted Lasso, dont il est le cocréateur, lui a ouvert une ligne de crédit illimité chez Apple. Et conséquemment l’opportunité de développer ce show comme une astucieuse jonction entre deux époques : le fumet typique des années 2000 dans un flacon moderne. Certes, il y a un peu trop de gras là-dedans, notamment un ou deux personnages pas assez dessinés et des sous-intrigues évitables. Mais Shrinking séduit par son ton doux-amer comme plus personne n’ose en faire. Jamais guimauve, toujours sincèrement intéressée par ce que les destins contrariés de ses protagonistes racontent de la complexité humaine. Peut-être de manière un peu plus frontale que Scrubs, qui le faisait sans avoir l’air d’y toucher.

Shrinkin, saison 1 en 10 épisodes, à voir dès le 27 janvier sur Apple TV+.